Posté le: 03 Nov 2006 10:46 Sujet du message: Laura Nyro — Eli and the thirteenth confession
«Love my lovething, Love is surely gospel».
Plainte, caresse, jubilation, élan, rupture, son chant est une étreinte, constante, prégnante, affûtant chaque note; ses mélodies, libres, opulentes, désultoires, sont une offrande, sa voix le fil d’un archet toujours tendu.
Considéré comme un chef-d’œuvre, cet album ne fut pourtant pas un succès commercial (#189 au Billboard 200); ses embardées pop, soul, funk, gospel, blues, jazz, son glamour Broadway, ses ruptures de tempo, ses brusques mutations, avaient — ont de quoi encore — surprendre et désorienter.
Laura, qui n’a que 20 ans, raconte le temps, le temps qui s’évade et mène de l’adolescence à la maturité, elle raconte l’insouciance, la peine, l’amitié, l’amour et cet autre temps qui conforte et qui pacifie: un parcours en trois épisodes que symbolise le verso de la pochette.
“Luckie”, “Lu”, “Sweet blindness” constituent le premier jalon; pétulants, dynamiques, adornés de chœurs diliculaires, de stomps rescaldatifs, ils célèbrent les virées, la romance et l’ivresse. — «Oh sweet blindness, a little magic, a little kindness, Oh sweet blindness, all over me».
Viennent les blues, les élégies: “Poverty train”, “Lonely women”, le fataliste, mais fougueux “Eli’s comin” — «Eli’s comin and the cards say: broken heart, Oh broken heart» —; puis trois titres plus apaisés: “Timer”, glorifiant le temps — «Oh I belong to Timer, he changed my face, you’re a fine one Timer, you got me walkin, thru the gates of space» —, “Stone soul picnic” et “Emmie” exaltant l’amitié; le premier fluide et placide, le second infiniment tendre. — «Emily, you’re the natural snow, the unstudied sea, you’re cameo, and I swear you were born, a weaver’s lover, born for the loom desire».
L’âge adulte et la pleine conscience du plaisir et des tourments se reflètent dans les quatre derniers morceaux: “Woman’s blues”, véhément, sensuel, torrentiel, “Once it was alright now (Farmer Joe)”, survolté, chatoyant, “December’s boudoir”, d’une douceur et d’un lyrisme exquis, enfin “The confession”, allègre, volubile, ardent, effréné, consacrant la souveraineté de la passion. — «Oh I hate my winsome lover, Tell him I've had others, at my breast, but tell him he held my heart, and only now am I a virgin, I confess»
Les mélodies et les thèmes abordés s’enchaînent en de subtiles transitions qui portent d’un état à un autre: ainsi le passage entre l’amer “Lonely women”, avec ses notes clairsemées de piano, les ondulations ténues de Laura et les accords mystérieux de l’orgue qui annoncent le fulgurant “Eli’s comin”.
La production est étincelante, capiteuse (Charlie Calello et Laura Nyro), non seulement par son ampleur orchestrale, ses arrangements diaphanes et luxuriants (Calello), mais par la manière dont fusionnent où se découpent les sons des instruments: violons, flûtes, trompette, saxophone, orgue, vibraphone, hautbois, harpe, guitare, piano, batterie, percussions, sans oublier les voix “multiples” de Laura. Vraiment, on ne peut que se laisser émouvoir par “Poverty train”, avec sa flûte vagabonde, ses murmures ouatés, les chocs acérés de ses cymbales, s’encoconner dans l’ambiance club que dégage “Lonely women” avec son duo piano/saxophone, s’enivrer de l’enchevêtrement des chœurs de “Timer” — tout comme celui de “Stone soul picnic” et de son disert et chahuteur accompagnement —, fondre à la douceur fruitée d’“Emmie”, dont les «Ou-la-la» sont peut-être inspirés du “She’s a rainbow” des Rolling Stones, s’électriser au contact de “Woman’s blues” — le funky, dansant “Woman’s blues”, zébré d’accords grésillants de guitare, d’éclats coruscants de trompette, soutenu par une batterie pertinace et géométrique; itou pour l’encore plus trépidant “Once it was alright now (Farmer Joe)” —, enfin se chafrioler des langueurs câlines de “December’s boudoir”: ses calmes envols de flûtes, de harpe, de violon et de hautbois menés par un piano concis et mélancolique.
C’est un album profond, exigeant, sincère, qu’une fois appris, l’on ne cesse d’aimer.
«Surry surry surry surry
There’ll be trains of blossoms
There’ll be trains of music
There’ll be trains of trust
trains of golden dust
Come along and surry on
sweet trains of thought — surry on down
Can you surry?»
— “Stone soul picnic”
Laura Nyro avec cet album avait tout pour me plaire (c'est une influence pour à peu près toutes les singer songwriters féminines qui ont suivi) mais je n'aime pas sa voix et même reprises par d'autres comme The 5th dimension, je ne trouve pas ses compos transcendantes.
Si sa voix ne me "gênait" pas autant, je serais peut-être plus indulgent. J'avais un peu les mêmes réserves au départ pour Carole King (qui est, par contre, une compositrice hors pair).
J'aurais aimé aimer Laura Nyro. _________________ I'd a dream that we were rock stars
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Les 5 premiers albums de cette new yorkaise sont fabuleux. le 1er album plus abordable, mais elle touche au sublime avec elie et new york tendaberry. Son 3ieme disque, new york... est tres difficle d'acces, les 3 premiers titres de l'album ou laura s'accompagne seul au piano sont parmi les plus belles choses composées par une singer songwriter. Elle est bien superieure à une carole king que je considere comme une veronique sanson d'outre atlantique. La voix de Laura est lumineuse, equivalente, selon moi, d'un tim buckley, et degage une emotion qui transcende des morceaux dejà merveilleux.
Elle influenca kate busch, bjork et surtout suzanne vega qui ecrivit les notes de la réédition de new york tendaberry.
Le magazine uncut considere new york tendaberry comme le meilleur album jamais réalisé par une artiste feminine, moi j'irais plus loin, eli et ce disque sont les meilleurs albums réalisés par une femme et parmi les meilleurs disques de l'histoire de la musique.
Eh bien, ça réagit au quart de tour mais bon, mon message était là aussi pour ça.
Quant à sa grande "supériorité" par rapport à Carole King, voire à l'ensemble de la gente féminine (vu que tu mets ses albums tout en haut)... _________________ I'd a dream that we were rock stars
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Ben déjà moi je ne vois pas ce que tu reproches à sa voix... _________________ Zodameranu obelisonugi resat-el aaf nor-mo-lapi / Bajile madarida i zodirope cahiso darisapa
Ben déjà moi je ne vois pas ce que tu reproches à sa voix...
Bah, je ne lui reproche rien. Elle ne me plaît pas et comme sa musique ne me parle pas plus que ça... _________________ I'd a dream that we were rock stars
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