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BLUES PROJECT

 
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car
POPpipelette


Inscrit le: 18 Oct 2005
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MessagePosté le: 13 Fév 2007 21:38    Sujet du message: BLUES PROJECT Répondre en citant



The Blues Project — “Planned Obsolescence” (1968)

«There are immense possibility for synthesis in the kind of music we are playing. It has a potientality and even a reality right now of being both a hight and low art. The danceability makes it accessible to everybody, and the jukebox has been open to poetry. There is almost no limit.»
— Danny Kalb in Michael Zwerin’s review.

The Blues Project, par ordre d’apparition: Danny Kalb (guitare), Roy Blumenfeld (batterie), Tommy Flanders (chant), Andy Kulberg (basse, flûte), Steve Katz (guitare, chant), Al Kooper (orgue, chant), Richard Greene (violon, cordes), John Gregory (guitare, chant), Donald Kretmar (basse, saxophone).

Chronique:

Un soir de novembre 1964, Danny Kalb, découvre Tim Hardin tapant le blues avec un «electric trio» au Night Owl Café: c’est la révélation. Une mouvante agrégation se forme bientôt, comprenant Flanders, Kulberg, et un certain Artie Traum (guitare) — qui quittera le groupe avant l’enregistrement du premier album, le judicieusement nommé “Live at the Café au Go Go” qui paraît en mars 1966. En décembre, cette même année, Flanders s’escarpine, remplacé par Steve Katz et Al Kooper. Le premier est une vieille connaissance de Kalb, du temps du Dave Van Ronk’s Ragtime Jug Stompers, le second, présent lors des sessions de “Live at the Café au Go Go”, s’est légendairement distingué sur “Highway 61 Revisited” et “Blonde on Blonde” de Dylan, troquant sa guitare contre un orgue électrique. Février 1967, sortie du deuxième opus, “Projections”. Le “projet”, bien acclamé, s’exporte: on le voit au Fillmore de San Francisco en compagnie de Jimmy Reed et The Mothers of Invention, puis au grand rassemblement de Monterey, en juin. Mais Al Kooper prend le large pour former Blood, Sweat & Tears, bientôt rejoint par Steve Kaltz, et lorsqu’en octobre émerge le troisième L.P., “Live at Town Hall”, Danny Kalb a, lui aussi, pris la tangente. Seuls en lice, Kulberg et Blumenfeld recrutent alors Richard Greene, John Gregory et Donald Kretmar — line up qui se métamorphosera en Seatrain l’année suivante.



Issu en 1968, “Planned obsolescence” échoue dans les bacs à soldes, et l’on ne peut que goûter la facétieuse et clairvoyance ironie du titre: le terme servant à désigner une marchandise dont l’obsolescence (le mot est attesté en français depuis 1960) est programmée par ceux qui la fabriquent, marchandise qui finit donc au rebut, comme les carcasses de voitures que l’on voit sur la pochette! Quant au contenu, mes tablettes le qualifient de «a loose collection of the quintet’s final recordings»... “loose”!!!???... Diantre! Un peu éraillée, certes, car deux trois titres trop conventionnels contrarient la tissure de ce riche brocart, mais le reste préfigure, égale même parfois, la splendeur du premier Seatrain.

Comment ne pas s’ébahir et s’ébaudir de “If you gotta make a fool of somebody”, étourdissant scherzo? Comment résister au gazouillis velouté de la flûte, au bagou élastique du violon, aux crissantes éraflures de la guitare? Comment ne pas succomber à la fièvre mesurée, aux syncopes expertes des percussions? Comment, enfin, ne pas s’égarer parmi les “répons” des voix doublées de leurs échos lointains — échos hantant les titres suivants.

“Calypso” est une aubade exquise contant l’histoire d’une fille vivant sur des îles lointaines, amoureuse d’un irréductible marin. La voix de John Gregory s’élève dans l’éther argentin de subtiles résonances que traverse un air de danse évoquant la courtoisie du Moyen-Age.

“Frank ‘n’ Curt: Incensed”, est un rock impérieux à la cadence opiniâtre, un rock grêlé de pizzicati, ciselé de fuzz, niellé des volutes folâtres et des trilles incandescents du saxophone et du violon.

“Turtle dove” est un madrigal d’une tendresse infuse, ses notes sont des perles de brume que le ménestrel dépose aux pieds de sa belle: «Oh the crow that’s black my little turtle dove, Shall change it’s color white, Before I’m false to the maid that I love, The noon day shall be night my dear».

“Mojo Hannah” est une embardée swamp rock, carrée, juteuse, efficace: «I’m talkin about a woman named Hanna, She live down in Louisana, They tell me she’s a mojo worker, She’s gonna work that thing for me, She’s got to end my misery» brâme John Gregory.

“Niartaes hornpipe” — la matelote de Seatrain! — est un instrumental où se promènent cor anglais et mandoline: apertise des musiciens qui s’achève en une jigue endiablée.

“Endless sleep” avec ses crampons wah-wah, ses riffs acides et tordus, son assise bluesy, fuligineuse, et ses halètements sybarites, s’impose comme tribut au psychédélisme.

“She raised her hand”, pop “boute-en-train”, rappelle ardemment les Doors de “The Soft Parade” — “Tell all the people” ou “Runnin’ blue”: la batterie s’éparpille avec fougue, le sax folâtre, prolixe exubérant, tropicale.

“Dakota recollection”, est une délicate mosaïque combinant les chatoiements d’un folklore chevaleresque et les divagations ludiques d’un jazz serein et placide. La batterie frétille et caracole, la basse musarde, volubile, docile, la flûte ondule, tournicote, la fuzz, entêté, ricoche, crépite, queqeuille, le violon débagoule, leste et capricieux, le tout durant douze minutes et trente-sept secondes, mais rien n’est redondant, rien est superflu!

Offert en supplément par la réédition “compact” “Gentle Dreams”, est un single enregistré fin juillet 1967, une ballade oscillant entre folk et fanfare, où des guitares frêles et claires, des congas débonnaires, le son affûté d’un hautbois ou d’une clarinette (?) contribuent à créer une ambiance désinvolte et romantique. Un titre ne dépare en rien du ton de l’album et aurait pu, remplaçant “Endless sleep”ou “She raised her hand”, lui donner plus d’assise, plus d’unité.



Suite de la chronique. En 1971, Dany Kalb rempile en compagnie de Blumenfeld et Kretmar, et un album, “Lazarus”, consacre cette reformation. En 1972, Flanders se rallie de nouveau, et le “projet” s’élargit jusqu’au sextet. Un autre L.P., “Blues Project”, manifeste clairement la renaissance du combo, mais le “projet” fait long feu. Juin 1973, la troupe presque au complet — Flanders manque à l’appel — se réunit pour un ultime concert à Central Park, un “live”, “Reunion in Central Park”, marque à jamais l’évènement.









Sites:

http://www.wirz.de/music/kalbfrm.htm (site de Dany Kalb)

http://en.wikipedia.org/wiki/Blues_Project (wikipedia)

http://music.yahoo.com/ar-270982-bio--The-Blues-Project (Richie Unterberger’s biography)
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carcamousse

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